En 2025, le secteur des jeux d’argent en ligne au Canada a connu une expansion significative, atteignant une valeur estimée à 9,5 milliards de dollars. Cette progression place le pays parmi les plus grands marchés mondiaux, se classant troisième derrière les États-Unis et le Royaume-Uni selon le Baseline de Revenus Compétitifs. De plus, le marché canadien a enregistré le taux de croissance le plus rapide parmi les cinq premières juridictions, témoignant d’une forte demande des joueurs et d’une expansion continue des opérateurs.
Cependant, la structure du marché demeure inégale. Un environnement réglementaire fragmenté a permis la coexistence d’opérateurs agréés et offshore, créant un paysage compétitif en constante évolution. Plus de 230 marques sont actuellement actives à travers le Canada, contribuant à un espace hautement saturé et de plus en plus compétitif.
Le Segment Offshore Continue de Dominer la Croissance du Marché
Le plus notable dans l’évolution du secteur est la domination persistante des plateformes offshore. En 2025, les opérateurs offshore ont enregistré une croissance de plus de 40 %, surpassant de loin l’augmentation d’environ 23 % observée parmi les fournisseurs nationaux agréés. Cette différence a élargi l’écart entre les activités réglementées et non réglementées.
Les plateformes offshore ont ajouté environ 1,6 milliard de dollars en valeur au cours de l’année, comparativement à environ 800 millions de dollars générés par les opérateurs agréés. En conséquence, la majorité des activités de jeu au Canada continue de se dérouler en dehors des systèmes réglementés. Environ 63 % des marques desservant les joueurs canadiens opèrent offshore, renforçant leur forte présence dans la majorité des provinces.
Les plateformes internationales bien connues continuent d’attirer les joueurs avec des offres de produits variées et des niveaux d’engagement élevés. Dans de nombreuses régions, ces opérateurs captent la majorité de la demande malgré la disponibilité d’alternatives réglementées localement.
Les systèmes provinciaux qui dépendent de cadres de type monopole ont du mal à retenir les utilisateurs. En moyenne, ces modèles ne captent qu’environ un quart de l’activité totale des joueurs au sein des canaux réglementés, laissant une part importante du marché aux fournisseurs offshore.
Le Modèle Ouvert de l’Ontario Montre des Résultats Différents
L’Ontario reste la seule province où une approche de licence compétitive a déplacé de manière significative l’activité des joueurs vers des environnements réglementés. Depuis l’ouverture de son marché aux opérateurs privés en avril 2022, la province a atteint un taux de canalisation estimé à environ 85 %, avec une participation offshore réduite à environ 15 %.
Cette transition a permis aux opérateurs auparavant actifs dans le marché gris d’obtenir des licences, ce qui a aidé à maintenir la continuité des joueurs et à encourager la migration vers des plateformes réglementées. Le marché de l’Ontario a atteint environ 3,1 milliards de dollars en 2025, ce qui en fait l’une des plus grandes juridictions individuelles au monde lorsqu’on la considère indépendamment.
Les opérateurs licenciés axés sur les casinos dominent la province, avec de fortes performances dans les principaux segments. Un opérateur, Betty, a enregistré la plus forte croissance annuelle parmi les principales marques de l’Ontario, ciblant initialement les joueurs de machines à sous occasionnels avant d’élargir sa portée à un public plus large.
Comportement des Joueurs et Défis Provinciaux
À travers le Canada, les préférences des joueurs continuent de se concentrer sur les produits de casino en ligne. Les machines à sous et les jeux de style Plinko génèrent l’engagement le plus élevé, tandis que le blackjack est en tête dans le segment des croupiers en direct. D’autres offres, y compris les produits de loterie et de fantasy, attirent un niveau d’activité moindre en comparaison.
Dans les paris sportifs, le hockey reste le principal centre d’intérêt pour les joueurs canadiens. L’intérêt pour la NFL a augmenté régulièrement, indiquant une tendance vers un engagement sportif international plus large.
En dehors de l’Ontario, les provinces telles que le Québec et la Colombie-Britannique continuent de s’appuyer sur des plateformes gérées par le gouvernement. Ces systèmes n’ont pas réussi à réduire de manière significative l’activité offshore. La plateforme réglementée du Québec est active depuis 2010, pourtant les opérateurs offshore captent toujours plus de 80 % du marché.
Ce déséquilibre a également soulevé des préoccupations concernant la perte de revenus fiscaux et la durabilité à long terme des modèles de monopole. L’opinion publique dans certaines régions semble soutenir le passage à une concurrence ouverte, de nombreux joueurs utilisant déjà des services offshore.
On s’attend à ce que l’Alberta devienne la prochaine province à adopter un système de licence compétitif. La législation adoptée en mai 2025 a jeté les bases de l’expansion du marché, et les préparatifs sont en cours. La plateforme actuelle gérée par le gouvernement de la province ne capture qu’une petite partie de l’activité, estimée à environ 12 %. Les observateurs de l’industrie voient l’Alberta comme un cas test clé pour reproduire l’approche de l’Ontario.
La trajectoire globale du secteur de l’iGaming au Canada reflète une forte demande accompagnée de défis structurels. Bien que le marché ait atteint une échelle significative, l’équilibre entre l’activité réglementée et offshore continue de façonner son développement, avec des décisions politiques futures susceptibles d’influencer comment cet équilibre évolue.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.