La Norvège Envisage de Mettre Fin au Monopole du Jeu

Le 12 juin 2026, Himanshu Gulati, un représentant éminent du Parti du Progrès de Norvège (Fremskrittspartiet, FrP), a annoncé un changement de politique majeur dans le secteur des jeux d’argent du pays. Lors de la conférence annuelle Spillkonferansen, Gulati a affirmé que démanteler le monopole des jeux d’argent en Norvège et mettre en place un modèle de licences serait un objectif central de la politique culturelle si le parti revient au pouvoir. Il a déclaré depuis longtemps que la réforme de l’environnement réglementé des jeux d’argent s’aligne avec l’agenda pragmatique plus large du parti. Le Parti du Progrès a d’abord plaidé pour la fin du monopole en 2021. Lors d’une conférence précédente, la députée Silje Hjemdal avait noté : « Nous devons mieux réguler, et tel que le modèle est aujourd’hui, il y a en fait de très grosses sommes d’argent qui sont envoyées hors du pays chaque année, sans retourner au sport ou à la culture norvégiens. » Bien que le Parti travailliste détienne le plus grand nombre de sièges parlementaires après les élections générales de 2025, le Parti du Progrès a gagné 48 sièges, atteignant 24 % des voix. Dans le passé, le Parti du Progrès avait déjà tenté de déréguler certains secteurs, en légalisant le poker en espèces et en supprimant les restrictions pour les athlètes professionnels tels que la boxeuse Cecilia Brækhus. Gulati a également cité la levée de l’interdiction des Segways, suggérant que les interdictions obsolètes, telles que celles régissant les jeux d’argent, nécessitent une réévaluation. « Certaines des règles et restrictions actuelles sont, à mon avis, contraires à tout bon sens », a-t-il ajouté. Dans ce contexte, le débat devrait être basé sur des faits et des connaissances, plutôt que sur des hypothèses concernant les dommages sociaux et l’allocation des revenus. En Europe, le système de monopole de la Norvège reste unique, tandis que des pays comme la Finlande et l’Albanie se dirigent vers des modèles sous licence. Le marché libéralisé des jeux en ligne de la Finlande devrait être lancé en 2027, avec 50 opérateurs déjà ayant demandé des licences. Gulati a mis en doute l’efficacité continue du monopole, en particulier face à la popularité croissante des jeux d’argent offshore et au faible taux de canalisation. « La question est de savoir si le modèle que nous avons eu pendant toutes ces années génère toujours le plus d’argent pour le but visé », a-t-il demandé. Des préoccupations ont surgi à propos des contrôles internes de Norsk Tipping, notamment des erreurs techniques affectant les paiements de loterie et des problèmes avec Eurojackpot. Des lacunes en termes de performance des plateformes et d’expérience utilisateur ont également été notées. Le politicien a souligné un manque d’efforts coordonnés pour lutter contre le jeu problématique. « Indépendamment de la position politique de chacun sur la politique des jeux d’argent, même si l’on souhaite une interdiction totale, nous devons convenir que le travail pour combattre les comportements de jeu problématiques doit être coordonné et cohérent. » La Norvège a récemment introduit un plan de quatre ans pour prévenir et traiter le jeu problématique, et la conférence a également abordé la question de la manipulation de matchs, avec Gulati plaidant pour de meilleures mesures de détection et de dissuasion. Le Parti du Progrès présente la transition vers un système sous licence comme une étape à la fois pratique et de principe, visant à moderniser le cadre des jeux d’argent de la Norvège et à l’aligner sur les normes européennes plus larges. Cependant, certains sceptiques soulignent que le passage à un système sous licence pourrait entraîner une augmentation de la participation au jeu, ce qui pourrait exacerber les problèmes de dépendance. Ils soutiennent qu’un contrôle strict et des mesures de protection robustes sont essentiels pour atténuer ces risques. Ainsi, tandis que le Parti du Progrès pousse pour une transformation du secteur, le débat sur le futur du jeu en Norvège reste animé. Le choix entre maintenir le monopole ou adopter un modèle sous licence reflète des visions divergentes de la responsabilité sociale et de la liberté de marché. Quelle que soit la direction prise, il est clair que le paysage du jeu en Norvège est en train de se transformer, avec des implications profondes pour les politiques culturelles et économiques du pays.

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