L’Espagne envisage d’autoriser les marchés de prédiction sportive sous les règles actuelles

En juillet 2026, lors d’un webinaire consacré à l’industrie du jeu en Espagne, des experts juridiques ont suggéré que le cadre réglementaire espagnol pourrait déjà inclure certaines formes de paris de prédiction. Cet événement a réuni des représentants de ECIJA et de H2 Gambling Capital, qui ont exploré comment ces marchés pourraient s’intégrer aux régulations en vigueur. Ils ont également discuté des modifications proposées à la loi sur les jeux d’argent à distance du pays et de l’introduction de nouveaux contrôles sur les dépôts pour les opérateurs agréés. Les marchés de prédiction ont vu leur popularité croître sur plusieurs marchés internationaux au cours de l’année passée. Ceci a poussé les régulateurs de divers pays à se demander si les règles de jeu existantes pouvaient s’appliquer à ces plateformes. En Espagne, la discussion a pris de l’importance après que des mesures ont été engagées contre deux opérateurs de marchés de prédiction. Les régulations actuelles pourraient déjà inclure les paris de prédiction. Les lois espagnoles autorisent les arrangements de paris où les clients prennent position les uns contre les autres, l’opérateur fournissant la plateforme et jouant le rôle d’intermédiaire. Camille Gonzálvez, avocate spécialisée dans les technologies de l’information et les jeux d’argent chez ECIJA, a indiqué que les paris de prédiction axés sur les sports ou les courses hippiques pourraient potentiellement fonctionner dans cette structure. Le débat s’est intensifié en mai 2026 lorsque le régulateur espagnol, la DGOJ, a lancé des procédures disciplinaires contre Polymarket et Kalshi. Le régulateur a également ordonné aux fournisseurs d’accès Internet de bloquer ces plateformes, affirmant que proposer des paris sur des événements futurs incertains sans licence de jeu espagnole enfreint les règles nationales. Ces procédures devraient durer entre trois et quatre mois et fournissent l’un des indices les plus clairs sur la manière dont les autorités espagnoles perçoivent actuellement les marchés de prédiction. L’approche de la DGOJ suggère que ces produits tomberont généralement sous la réglementation des jeux d’argent à moins qu’ils ne répondent aux exigences légales existantes. Lors du webinaire, les participants ont également discuté de l’impact des plateformes de prédiction sur le marché. Ils ont noté que les comparaisons entre les volumes de transactions des marchés de prédiction et les chiffres des paris sportifs traditionnels peuvent induire en erreur, car les mesures d’activité sur ces plateformes ne correspondent pas directement aux mises des paris ou au chiffre d’affaires des opérateurs. En parallèle, les juristes ont examiné un processus de consultation lancé par la DGOJ concernant d’éventuelles mises à jour de la loi sur les jeux d’argent à distance d’Espagne, connue sous le nom de loi 13/2011. Les modifications proposées incluent des mesures de vérification d’identité renforcées pour réduire l’évasion fiscale, la création d’un registre pour les fournisseurs de logiciels business-to-business approuvés, et des restrictions publicitaires supplémentaires. Ces mesures publicitaires font suite à des efforts antérieurs du gouvernement pour introduire un contrôle plus strict dans le secteur des jeux d’argent. Les réformes prévues nécessiteraient une approbation par le biais d’une nouvelle législation primaire plutôt que d’être introduites par décret royal. La période de consultation publique a pris fin le 22 juin 2026, et la DGOJ devrait préparer un avant-projet de loi avant de le soumettre au Congrès et au Sénat espagnols. Le calendrier de ce processus législatif reste incertain en raison de la situation parlementaire actuelle du pays. Une autre mesure réglementaire a déjà progressé davantage. Le 23 juin 2026, le Conseil des ministres a approuvé un cadre de limitation des dépôts inter-opérateurs par décret royal. Une version d’essai du système devrait commencer le 25 septembre 2026. Les règles complètes devraient entrer en vigueur le 25 mars 2027, six mois après le déploiement initial. Selon la nouvelle approche, des limites de dépôt par défaut s’appliqueront à plusieurs opérateurs plutôt que séparément à chaque société de jeux. Les limites seront de 700 € par jour, 1 750 € par semaine et 3 300 € sur une période de quatre semaines. H2 Gambling Capital a estimé lors du webinaire que la mesure pourrait réduire les dépenses annuelles des joueurs avec des opérateurs agréés en Espagne d’environ 300 millions d’euros. L’entreprise a également prévu que la canalisation du marché pourrait passer de 76 % actuellement à 74 % en 2027, avant de se stabiliser autour de 71 % à partir de 2028. La Conférence Gaming in Spain est prévue pour revenir à Madrid le mardi 15 octobre 2026. Le directeur général de la DGOJ, Mikel Arana, sera le principal intervenant. L’ordre du jour de l’événement devrait inclure des discussions sur l’algorithme de détection des problèmes de jeu du régulateur, le déploiement des limites de dépôt, et le traitement possible des paris de prédiction et des loteries dans le système réglementaire espagnol. D’autres intervenants annoncés incluent Xavi Muñoz Bellvehí, associé directeur chez ECIJA Barcelone ; Jorge Hinojosa, directeur général de Jdigital ; Pedro López Martín-Andino, associé directeur chez MartínAndino Abogados ; Patricia Lalanda, associée chez Loyra Abogados ; Camille Gonzálvez, avocate spécialisée chez ECIJA ; Christian Heins, fondateur de European Gambling Gathering ; Mauro De Fabritiis, fondateur de MDF Partners ; Dmitry Belianin, associé directeur chez Blask ; et Rasmus Kjaergaard, directeur général de Mindway AI.

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