Le 19 août 2026, le gouvernement australien a obtenu le soutien parlementaire pour des réformes significatives du jeu, visant à instaurer un système national de désinscription des publicités de paris en ligne et à renforcer les contrôles sur le marketing d’incitation. Cet accord avec la Coalition ajoute des mesures au projet de loi d’amendement sur le jeu interactif, incluant des restrictions sur les incitations directes et des limites sur les commissions liées aux dépenses des clients, ainsi qu’une révision dans trois ans.
Le ministre des Communications, Anika Wells, a affirmé que ces amendements faisaient suite aux préoccupations exprimées durant le processus parlementaire. L’Autorité australienne des communications et des médias (ACMA) sera responsable de la création du Registre de Désinscription des Publicités de Paris. Ce système permettra aux personnes d’indiquer leur souhait de ne pas recevoir de publicités de paris en ligne, application qui sera valable pour tous leurs services.
Le gouvernement a déclaré que les coûts associés au registre et aux nouvelles restrictions sur les incitations seront récupérés des fournisseurs de services de paris. Les services en ligne devront également rendre l’option de désinscription bien visible. Les réformes comprennent des contrôles publicitaires couvrant les programmes pour enfants et les événements sportifs en direct. La période de blackout commencera 15 minutes avant le début des événements sportifs en direct, et les services en ligne feront face à des restrictions similaires à celles des plateformes de diffusion. Les restrictions sur les sports en direct et la fréquence commenceront également à 5 heures du matin, au lieu de 6 heures.
Les amendements interdisent aux entreprises de paris de faire du marketing direct d’incitations durant les 14 premiers jours suivant l’ouverture d’un compte par un client. Cette restriction s’applique également aux clients identifiés comme étant à risque de problèmes liés au jeu et s’étend sur trois mois après la désinscription de BetStop. Les entreprises ne pourront plus payer leur personnel ou leurs affiliés sur la base de l’activité des clients. Ces mesures sont le résultat de négociations entre le Parti travailliste et la Coalition, suite à des inquiétudes selon lesquelles le projet de loi original n’abordait pas suffisamment le marketing basé sur les incitations ni le fardeau imposé aux personnes cherchant à éviter les publicités de jeu.
Le gouvernement prévoit que l’ACMA surveillera et appliquera ces exigences, avec une révision prévue après trois ans. Wells a décrit ce paquet de réformes comme étant les plus significatives dans l’histoire du jeu en ligne en Australie. Cependant, les critiques arguent que des réformes plus larges restent nécessaires. Le sénateur indépendant David Pocock a exprimé ses réserves, déclarant que malgré les recommandations de l’enquête parlementaire, ce projet de loi ne parvient pas à protéger les enfants ni à rompre le lien entre le sport et les entreprises de jeu.
L’enquête Murphy de 2023 avait recommandé une interdiction complète des publicités de jeu à travers les médias de diffusion et en ligne, échelonnée sur trois ans, ainsi qu’une interdiction immédiate des incitations. Les réformes actuellement en place établissent plutôt des limites publicitaires et des restrictions ciblées sur les incitations. La législation aborde également les services de jeu illégaux par de nouveaux contrôles d’accès, des sanctions et des dispositions d’application. Toutefois, les critiques estiment que le jeu légal reste une source majeure de préjudice et que des protections plus fortes pour les consommateurs sont nécessaires.
Bien que le projet de loi soit attendu pour être adopté avec le soutien des deux principaux partis, des oppositions subsistent quant à savoir si ces mesures offrent une protection suffisante. En dépit des efforts pour tempérer l’impact des publicités de jeu et des incitations, certains observateurs considèrent que la législation représente un compromis, laissant de côté certaines recommandations clés des enquêtes précédentes.
Certains acteurs de l’industrie estiment que ces mesures auront un impact considérable sur les entreprises de paris, suggérant que la mise en œuvre de telles restrictions pourrait affecter leur modèle économique. D’autres avancent que cela pourrait pousser les clients vers des plateformes illégales moins réglementées, contournant ainsi les nouvelles règles. Cependant, les autorités australiennes soulignent que ces réformes visent avant tout à protéger les consommateurs vulnérables et à limiter l’exposition de la population aux influences incitatives du jeu, affirmant qu’une approche équilibrée est nécessaire pour atteindre ces objectifs.
Dans l’ensemble, la situation reste complexe, avec un équilibre délicat à maintenir entre l’amélioration des protections pour les consommateurs et le soutien à une industrie du jeu qui représente une part significative de l’économie. Le débat autour des réformes du jeu en Australie est loin d’être clos, et les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact de ces changements sur les pratiques de l’industrie et la protection des consommateurs.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.