Réforme du Secteur des Jeux en Finlande Prête à Transformer le Marché

Le 17 décembre 2025, le Parlement Finlandais a approuvé la réforme législative majeure des jeux d’argent, mettant fin au monopole de longue date de Veikkaus et ouvrant la voie à un système partiellement concurrentiel. Avec un vote de 158 voix pour et seulement 9 contre, ce vote clôt des années de débats et de travaux législatifs, fixant un calendrier clair pour l’octroi de licences et l’entrée sur le marché. Le projet de loi doit maintenant être approuvé par le Président, une formalité attendue avant la fin de l’année. Les législateurs finlandais ont ainsi confirmé un passage à un modèle où la concurrence jouera un rôle clé, remaniant le cadre des jeux en ligne et mettant fin à l’exclusivité de Veikkaus sur plusieurs segments. Les tentatives des partis d’opposition d’augmenter l’âge légal pour jouer de 18 à 20 ans et de renforcer les règles de marketing n’ont pas obtenu le soutien nécessaire et ont été rejetées. Cette réforme marque le changement le plus significatif dans le système des jeux finlandais depuis des décennies. Initialement proposée en juillet 2024 par le Ministère de l’Intérieur, la libéralisation du marché s’inscrit dans le contexte d’une consultation publique ayant suscité de nombreuses réactions. Le projet de loi a été officiellement présenté au parlement en mars 2025, Mari Rantanen, Ministre de l’Intérieur, déclarant que l’objectif était de trouver un équilibre entre la régulation des nuisances liées aux jeux et les opportunités commerciales pour les opérateurs. Bien que le besoin de réforme ait fait consensus, le processus parlementaire a pris plus de temps que prévu, notamment en raison de révisions par le Comité Administratif et de considérations constitutionnelles. Ces retards ont repoussé le lancement opérationnel du nouveau marché de plusieurs mois, ce qui a suscité des commentaires sur les divergences d’opinions concernant le jeu responsable et les opportunités commerciales. Le cadre réglementaire nouvellement approuvé prendra effet en janvier 2026. Les opérateurs pourront soumettre leurs demandes de licence à partir du 1er mars 2026, avec un début d’activités sous licence prévu pour le 1er juillet 2027. La réforme retire à Veikkaus ses droits exclusifs pour les paris, les machines à sous en ligne et les jeux de casino en ligne, tout en maintenant son monopole sur les loteries, les cartes à gratter, et les jeux de casino terrestres. Veikkaus devra demander des licences pour toutes ses activités dans le nouveau système. La responsabilité de la supervision des jeux passera du Bureau National de la Police à une nouvelle Autorité de Licence et de Surveillance. Les titulaires de licence devront s’assurer que leurs offres minimisent les dommages liés aux jeux, et la publicité ne sera autorisée que dans des limites définies. Un accent particulier a été mis sur les règles de publicité, interdisant l’influence des célébrités et les publicités visant les mineurs, tout en permettant le marketing sur les moteurs de recherche pour atteindre les consommateurs activement en quête d’informations sur les jeux. Bien que le blocage des paiements ou les restrictions au niveau du réseau ne soient pas introduits à ce stade, les législateurs ont exigé une surveillance attentive de l’efficacité du canal de distribution et se réservent la possibilité d’introduire des mesures supplémentaires en cas de persistance des jeux non autorisés. Les opérateurs se préparent déjà à cette nouvelle concurrence, Veikkaus ayant pris des mesures pour se positionner en créant une unité commerciale privée et en investissant dans la technologie et le personnel. Les acteurs de l’industrie ont exprimé un optimisme prudent face à cette réforme, tout en soulignant que la clarté des délais est cruciale pour la planification des investissements. Alors que l’approbation parlementaire est assurée et l’assentiment présidentiel en attente, la Finlande entre dans la dernière phase de transition vers un système de jeux basé sur les licences. Les années à venir détermineront dans quelle mesure le nouveau cadre parvient à équilibrer la protection des consommateurs, la supervision réglementaire et la participation commerciale, alors que le pays dépasse le modèle de l’ère du monopole.