Le Brésil a pris une tournure décisive concernant la régulation de la publicité pour les paris, suite à l’approbation par la Commission des Sciences et de la Technologie (CCT) d’une législation qui imposera d’importantes restrictions sur la publicité et le parrainage en matière de paris. Cette législation, sous l’identification de Projet de Loi 2.470/2026, a été présentée par la sénatrice Damares Alves, soutenue par six autres sénateurs, et vise à amender la législation actuelle sur les paris à cotes fixes au Brésil. L’objectif principal est d’évaluer les produits de jeu en fonction de leur risque potentiel, une initiative saluée par le sénateur Alessandro Vieira via un texte de remplacement. La commission a aussi donné son feu vert à une demande d’urgence pour que le Sénat examine cette proposition.
Lors d’une audience publique tenue mardi, des représentants gouvernementaux et des membres de l’industrie des paris ont présenté des points de vue divergents sur cette question cruciale. Le point de vue dominant exprimait une préoccupation croissante au sein de la société quant aux dommages causés par les paris, souvent perçus de manière négative.
Des Limites Étendues sur la Publicité et le Parrainage
Le texte approuvé interdit la publicité directe et indirecte pour les paris à travers divers médias comme la télévision, la radio, les supports imprimés, l’affichage extérieur, les services de streaming, les podcasts, les réseaux sociaux, les sites web et d’autres environnements internet. Les messageries instantanées, SMS, emails, notifications, télémarketing, ciblage algorithmique et profilage comportemental sont également concernés par ces restrictions.
Les bonus, crédits promotionnels, paris gratuits, récompenses, tours gratuits, cashback et programmes de fidélité visant à encourager les paris seront proscrits. Toute publicité ne doit pas présenter le jeu comme sans risque, source de revenu, solution financière, profit garanti ou moyen de récupérer des pertes. Les opérateurs autorisés pourront continuer à communiquer via leurs canaux officiels, sous réserve de limitations de contenu strictes.
Le projet interdit également le parrainage de paris pour les organisations sportives, compétitions, diffusions, événements culturels, projets éducatifs et sociaux, influenceurs, athlètes et célébrités. L’exposition de la marque, les droits de dénomination, les accords de licence et les rôles d’ambassadeurs tomberaient sous le coup de l’interdiction. Les contrats existants auraient 24 mois pour s’adapter ou être résiliés.
Évaluations de Produits et Protection des Utilisateurs
Un organe exécutif fédéral compétent sera chargé d’évaluer les produits de paris avant leur mise sur le marché. Cette classification prendra en compte des facteurs tels que des résultats rapides, des cycles de paris répétés, des résultats aléatoires, des récompenses intermittentes, des incitations à presque gagner et des caractéristiques encourageant la poursuite des pertes.
Les produits jugés excessivement risqués ne pourront pas être proposés. La roulette, les machines à sous, les jeux de collision et les sports virtuels simulés sont parmi ceux identifiés comme potentiellement à risque. Les opérateurs ne pourront pas réutiliser les informations des clients auto-exclus, des personnes en traitement ou des utilisateurs ayant demandé des blocages marketing pour réactiver leur activité de pari. La vérification d’âge permanente, l’auto-exclusion et les systèmes de limitation volontaire des paris resteront obligatoires.
Le texte prévoit également l’interdiction des paris par carte de crédit, des modèles prédictifs utilisés pour identifier les périodes de plus grande vulnérabilité et des mécanismes de plateforme empêchant les utilisateurs d’arrêter de parier ou d’activer des restrictions.
Conar Renforce le Contrôle de la Publicité
Indépendamment de cela, le Conseil du Contenu de Conar a approuvé des révisions de l’Annexe « X » du Code Brésilien d’Autorégulation de la Publicité et a introduit un nouveau cadre pour la publicité des paris. Ces changements augmentent la responsabilité tout au long de la chaîne publicitaire et renforcent l’action contre la promotion illégale des paris. Les avertissements obligatoires, établis sous l’Ordonnance SPA/MF N° 1.964/2026, doivent être plus visibles.
Conar prévoit également une supervision plus étroite des influenceurs et affiliés, y compris un programme d’accréditation pour les influenceurs autorisés à promouvoir les paris. Une nouvelle checklist pour la protection des enfants et adolescents ajoute des restrictions sur les éléments de campagne associés aux jeunes audiences, y compris les animaux anthropomorphisés, tout en recommandant des mesures de contrôle d’âge sur les canaux des opérateurs.
Ces deux développements visent à imposer un contrôle accru sur la manière dont les opérateurs de paris promeuvent leurs services et atteignent les audiences vulnérables.
En conclusion, cette législation marque une étape significative dans la lutte contre les effets néfastes des paris au Brésil, illustrant une prise de conscience sociétale grandissante face à ces enjeux. Cependant, certains acteurs de l’industrie soutiennent que ces restrictions pourraient nuire à l’économie, notamment en réduisant les opportunités de sponsoring sportif et en affectant des emplois liés à la publicité. La discussion reste ouverte quant à l’équilibre entre protection des consommateurs et viabilité économique du secteur.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.