Le 8 juillet 2026, la Commission des jeux du Royaume-Uni a annoncé l’introduction progressive des évaluations du risque financier (ERF) afin d’identifier les clients des jeux d’argent susceptibles de rencontrer des difficultés financières. Ce nouveau système se concentrera sur les clients à dépenses élevées et fournira aux opérateurs des informations supplémentaires pour déterminer quand une intervention pourrait être nécessaire. Cette décision fait suite à une consultation avec des représentants de l’industrie, des parties prenantes et un programme pilote visant à tester la faisabilité des évaluations en pratique.
Selon la Commission, les recherches montrent que les clients ayant des dépenses de jeu élevées courent des risques financiers plus importants que la population générale. Ces clients auraient entre deux et quatre fois plus de chances d’avoir un plan de gestion de la dette, et entre deux et cinq fois plus de chances d’avoir connu un défaut de crédit au cours des 12 derniers mois. Sans une identification efficace, certains clients financièrement vulnérables pourraient continuer à recevoir des promotions et communications marketing incitant à davantage d’activité.
La première phase de déploiement ciblera les plus grands opérateurs de jeu et se concentrera sur les clients avec des niveaux de dépenses exceptionnellement élevés. Les évaluations seront appliquées lorsque les clients âgés de 25 ans et plus dépassent 5 000 £ de dépôts nets sur une période de 24 heures. Pour les clients jugés à risque plus élevé en raison de leur âge ou d’autres facteurs, y compris ceux de moins de 25 ans, le seuil initial sera de 2 500 £ de dépôts nets sur la même période.
La Commission a précisé que le seuil de 5 000 £ représente un schéma de dépenses inhabituellement élevé, moins de 0,5 % des clients dépassant ce niveau. Une fois le système pleinement opérationnel, les seuils deviendront plus larges. Pour les clients de 25 ans et plus, une évaluation sera requise s’ils dépassent 1 000 £ de dépôts nets en 24 heures ou 3 000 £ sur une période de 90 jours. Pour les clients de moins de 25 ans, les limites seront réduites à 750 £ sur 24 heures ou 2 000 £ sur 90 jours.
Ce cadre final diffère de l’approche proposée dans le livre blanc sur la réforme des jeux de hasard de 2023, qui incluait un système basé sur une perte de 2 000 £ sur 90 jours. La Commission déterminera le calendrier de la première phase après de nouvelles discussions avec les opérateurs de jeu, les agences de référence en crédit et d’autres parties impliquées. Des groupes de mise en œuvre devraient être établis au cours de l’été pour aider à affiner les orientations et les détails opérationnels.
Sarah Gardner, directrice par intérim de la Commission des jeux, a déclaré qu’elle était convaincue que leur approche, utilisant des données de haute qualité, permettrait de soutenir les clients à dépenses élevées en difficulté financière, tout en réduisant les frictions pour ceux qui ne le sont pas. Elle a ajouté qu’ils avaient tenu compte des retours du processus pilote, ce qui les avait amenés à procéder avec précaution, en travaillant avec des partenaires clés pour s’assurer que les évaluations soient mises en œuvre de la manière la plus efficace pour les consommateurs et opérateurs.
Les résultats du pilote montrent que la majorité des clients dépassant les seuils de dépenses pertinents pouvaient être évalués à travers des données de référence de crédit sans étapes supplémentaires. Le pilote a révélé que 97 % des clients au-dessus des seuils testés pouvaient être évalués via un processus sans friction, dépassant l’estimation de 80 % incluse dans le livre blanc de 2023. La Commission prévoit que moins de 3 % des comptes clients nécessiteront une évaluation une fois le système pleinement opérationnel.
Dans ces rares cas, les opérateurs pourraient devoir effectuer des vérifications d’identité supplémentaires ou utiliser d’autres méthodes, y compris les informations bancaires ouvertes ou des documents fournis par le client. La Commission a également confirmé que les opérateurs bénéficieront d’une période de grâce lors des premières étapes de mise en œuvre. Les entreprises ne seront pas soumises à des mesures d’application uniquement parce qu’elles n’agissent pas après avoir reçu un résultat d’ERF, bien que toutes les obligations de licence existantes continueront de s’appliquer.
Pour les clients identifiés comme potentiellement en difficulté financière, les opérateurs devront envisager des réponses appropriées basées sur les informations dont ils disposent. Les actions possibles incluent la réduction des communications marketing aux clients vulnérables et l’aide à l’établissement de limites de dépôt.
L’introduction des ERF a suscité des critiques de certaines parties du secteur des jeux, avec des préoccupations soulevées sur une possible perturbation pour les clients et les opérateurs. Le Conseil des paris et des jeux (BGC) a exprimé sa profonde déception et frustration face à la poursuite de la mesure malgré les inquiétudes soulevées par les opérateurs, les représentants des courses, les parlementaires et les clients. La directrice exécutive du BGC, Grainne Hurst, a questionné si le processus d’évaluation avait été suffisamment testé et a soulevé des préoccupations concernant les différences d’informations fournies par les agences de référence en crédit.
Selon elle, le pilote a révélé des incohérences dans les informations retournées par les agences de référence en crédit, avec le même client pouvant recevoir des résultats différents selon le fournisseur. Elle a critiqué le manque d’une évaluation complète publiée du pilote, soulignant que ni l’industrie ni le public n’ont vu les preuves nécessaires pour justifier l’introduction de ces vérifications. Ces vérifications ne peuvent pas être décrites comme véritablement sans friction si elles produisent des résultats peu fiables.
La Commission a soutenu que l’approche par étapes permettait le temps de s’améliorer avant une mise en œuvre plus large. La ministre des jeux de hasard, la baronne Twycross, a appuyé la décision, affirmant qu’elle accueillait favorablement la décision de la Commission des jeux de mettre en œuvre les évaluations du risque financier de manière prudente et progressive. Elle a ajouté que le bon équilibre doit être trouvé pour que les évaluations protègent ceux en difficulté financière contre le risque de dommages liés aux jeux de hasard sans créer de fardeaux inutiles pour l’industrie ou les consommateurs.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.