En 2026, le secteur des jeux d’argent réglementés en Italie connaît de nouvelles perturbations en raison de retards prolongés dans la réglementation et de politiques locales incohérentes, selon les avertissements de l’association professionnelle EGP-FIPE présentés au Sénat italien. Cette association, représentant les opérateurs de jeux publics dans le cadre de la Fédération Italienne des Établissements Publics sous Confcommercio, a utilisé une audience devant le Comité des Affaires Constitutionnelles du Sénat pour déclarer que le cadre légal des jeux d’argent du pays est à un point critique. L’environnement actuel, selon eux, affaiblit les mesures de protection des consommateurs et crée des conditions favorisant potentiellement les activités de jeux non réglementées.
Les efforts pour réorganiser le secteur des jeux terrestres en Italie restent sans solution. Un projet de décret lié à l’agenda de réforme fiscale du gouvernement n’a pas avancé avant l’expiration de la délégation, laissant plusieurs problèmes clés non résolus, y compris les règles régissant la distance entre les établissements de jeux et les lieux sensibles comme les écoles et les établissements de soins.
L’EGP-FIPE a soulevé des préoccupations concernant les règles fragmentées. Des années de prolongations de concessions, combinées à des réglementations régionales et municipales qui se chevauchent, ont créé une situation où les opérateurs peinent à planifier l’avenir. Sans une stratégie nationale unifiée, le marché légal reste dans l’incertitude. Emmanuele Cangianelli, président de l’EGP-FIPE, a décrit l’impact de la structure réglementaire actuelle : « Le système est coincé entre les extensions et les règles territoriales non homogènes. Ce blocage empêche la planification sérieuse du réseau et affaiblit les outils de protection que l’on voudrait renforcer. »
L’association a averti que l’ajout continu de réglementations locales aux règles nationales existantes a créé des défis opérationnels pour les opérateurs agréés, compliquant la planification à long terme. Les restrictions locales, comme les exigences de distance obligatoire entre les établissements de jeux et les sites sensibles, ainsi que les restrictions sur les heures d’ouverture, sont critiquées. L’EGP-FIPE soutient que ces politiques n’ont pas significativement réduit les dommages liés aux jeux d’argent. « Quand l’offre physique est rigidement restreinte, le problème n’est pas réduit, mais déplacé. Le jeu se dirige en ligne ou vers le marché souterrain, où le contrôle est nul. »
Un point de vue similaire a émergé ailleurs dans le débat sur les jeux en Italie. Des représentants de la Fédération Italienne de Football ont récemment appelé à une révision des restrictions publicitaires sur les paris. Gabriele Gravina, président sortant de la fédération, a décrit l’interdiction de 2018 sur la publicité et le parrainage des jeux d’argent comme largement inefficace pour freiner les activités de jeu des mineurs et illégales.
L’EGP-FIPE a également souligné plusieurs outils de jeu responsable déjà disponibles ou en cours de développement, comme les systèmes d’auto-exclusion et les mécanismes de suivi comportemental. Cependant, ces initiatives nécessitent une mise en œuvre cohérente dans tout le pays pour obtenir des résultats significatifs. « Une structure de gouvernance claire est nécessaire. Les régions peuvent avoir un rôle, mais dans le cadre d’un plan national partagé. »
Malgré le débat réglementaire en cours, l’Italie continue de figurer parmi les marchés de jeux les plus importants d’Europe. Le secteur, sous la supervision de l’Agenzia delle Dogane e dei Monopoli (ADM), génère d’importantes recettes fiscales. Le segment en ligne s’est rapidement développé, tandis que les lieux terrestres ont fait face à des restrictions locales croissantes. Les réformes réglementaires ont introduit une nouvelle structure de licences, réduisant le nombre de domaines opérationnels à 52 licences d’ici novembre 2025.
Les observateurs de l’industrie ont noté que la restructuration a concentré la participation du marché parmi un groupe plus restreint d’opérateurs. Néanmoins, l’Italie reste l’une des juridictions de jeux les plus importantes du continent en termes de chiffre d’affaires et de contributions fiscales, avec des recettes de licences générant environ 364 millions d’euros pour le gouvernement à la fin de 2025.
Alors que les discussions sur les réformes futures se poursuivent, l’EGP-FIPE maintient qu’une approche coordonnée au niveau national est essentielle pour que les décideurs espèrent équilibrer la protection des consommateurs, la durabilité du marché légal et une supervision efficace de l’activité de jeu dans toute l’Italie.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.