L’Espagne a récemment entamé une nouvelle révision de son cadre de jeu en ligne réglementé alors que la Dirección General de Ordenación del Juego (DGOJ) envisage des amendements à la loi sur les jeux de hasard à distance. Parallèlement, le gouvernement a approuvé la structure des limites de dépôt qui s’appliquera à tous les opérateurs agréés. Ces mesures placent la protection des joueurs au centre de la prochaine phase réglementaire du pays, tout en soulevant des questions sur la surveillance du marché et les nouveaux formats de paris.
Ces développements ont été discutés lors d’un webinaire Gaming in Spain auquel ont participé Xavi Munoz Bellvehí, associé directeur chez ECIJA Barcelone, et Camille Gonzálvez, avocate spécialisée dans le TMT et les jeux en ligne chez ECIJA. Josh Hodgson, directeur des opérations de H2 Gambling Capital, a également participé à la discussion. Les participants ont évalué le processus législatif et l’effet attendu des limites de dépôt partagées sur le marché. Ils ont aussi envisagé la portée des produits basés sur les prédictions dans le cadre des règles actuelles de l’Espagne.
Consultation sur l’identification et la surveillance des fournisseurs
La consultation publique de la DGOJ se concentre sur les modifications nécessitant une législation primaire avant de pouvoir entrer en vigueur. Une proposition renforcerait les exigences d’identification des joueurs pour prévenir l’évasion fiscale, élargissant le rôle des contrôles d’identité au sein du marché réglementé.
Le régulateur souhaite également établir un registre des fournisseurs de logiciels B2B approuvés. Les autorités entendent utiliser ce registre dans le cadre de leurs efforts contre le jeu illégal, en créant une liste formelle des fournisseurs autorisés à servir les opérateurs agréés.
La publicité constitue une autre partie de la consultation. Les amendements proposés introduiraient de nouvelles restrictions marketing conformes aux tentatives antérieures du gouvernement d’imposer des règles plus strictes en matière de publicité pour les jeux de hasard. Ces efforts antérieurs n’ont pas abouti, et la consultation actuelle remet la question dans le processus législatif.
Les propositions restent distinctes du cadre des limites de dépôt que le gouvernement a déjà approuvé. Les législateurs doivent adopter des amendements à la loi sur les jeux de hasard à distance pour que les mesures de consultation prennent effet. Les contrôles inter-opérateurs sont déjà passés à une phase de test et de mise en œuvre programmée.
Les limites de dépôt partagées se dirigent vers une phase de test
L’Espagne prévoit de commencer un test de six mois sur les limites de dépôt inter-opérateurs le 25 septembre. Le système est prévu pour une introduction finale le 25 mars 2027. Une fois mis en œuvre, le cadre calculera les contrôles de dépôt à travers les opérateurs agréés, couvrant l’activité au-delà d’un compte de jeu individuel.
H2 Gambling Capital s’attend à ce que la mesure réduise les dépenses annuelles auprès des opérateurs domestiques réglementés d’environ 300 millions d’euros. Ses prévisions indiquent également un déclin de la canalisation, qui mesure la proportion d’activité de jeu se déroulant au sein du marché agréé.
Le taux de canalisation projecté se situe actuellement à 76 %. H2 s’attend à ce qu’il tombe à 74 % en 2027 et « finisse par se stabiliser autour de 71 % à partir de 2028 ». Cette estimation indique qu’une partie des dépenses affectées par les limites partagées pourrait se déplacer au-delà des opérateurs réglementés par l’Espagne.
Le système prévu ajoute un contrôle à l’échelle du marché au cadre de jeu responsable de l’Espagne. La phase de test de six mois se déroulera avant que les limites ne deviennent pleinement opérationnelles en mars 2027.
Les produits de prédiction sportive face à des questions réglementaires
Le webinaire a également examiné si les paris de « prédiction » agréés pourraient fonctionner sous les règles que l’Espagne applique déjà à certains paris sportifs. Cette discussion faisait suite à l’annonce de la DGOJ de procédures d’exécution contre Polymarket et Kalshi.
Gonzálvez a expliqué que les réglementations actuelles permettent les paris sur des événements sportifs dans lesquels les clients parient les uns contre les autres tandis que l’opérateur sert d’intermédiaire. Cette structure peut permettre aux marchés de prédiction limités aux sports ou aux courses de chevaux de s’intégrer dans le cadre de paris existant.
Le panel a également abordé les comparaisons entre les marchés de prédiction et les bookmakers conventionnels. Les participants ont souligné que les calculs basés sur le volume de transactions peuvent exagérer l’échelle compétitive des marchés de prédiction, rendant leur position face aux opérateurs de paris sportifs établis plus importante qu’elle ne l’est en réalité.
Le traitement de ces produits par l’Espagne sera abordé lors de la Conférence Gaming in Spain 2026 à Madrid le 15 octobre. Le programme traitera des limites de dépôt inter-opérateurs et du nouvel algorithme de détection des problèmes de jeu de la DGOJ. Les tirages au sort et d’autres formats de produits feront également partie de la discussion réglementaire.
Mikel Arana, directeur général de la DGOJ, a été confirmé comme intervenant principal. Parmi les autres participants annoncés, figurent Jorge Hinojosa de Jdigital et Pedro López Martín-Andino de MartínAndino Abogados. Patricia Lalanda de Loyra Abogados et Camille Gonzálvez sont également programmées pour participer.
Le programme des intervenants inclut également Christian Heins et Mauro De Fabritiis. Dmitry Belianin et le membre du conseil d’administration de VNLOK, Björn Fuchs, ont également été annoncés. Le directeur général de Mindway AI, Rasmus Kjaergaard, est un autre participant confirmé, d’autres intervenants devant encore rejoindre le programme.
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.