L’Italie Retarde la Réforme du Jeu en Dure Après le Rejet du Décret

Le 6 août 2026, l’Italie a vu ses plans de réorganisation du marché des jeux d’argent en dur échouer lorsque la Première ministre Giorgia Meloni a refusé d’approuver la dernière version du décret de réorganisation. Prévue pour être discutée depuis deux ans entre le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et la Conférence des Régions et des Provinces Autonomes, la proposition a été renvoyée pour un examen supplémentaire. Cette décision laisse le secteur sans calendrier clair pour l’introduction d’un cadre national pour le jeu en dur en Italie et prolonge l’incertitude autour des futurs arrangements de licence. Les règles régionales demeurent une source de discorde. Sous-secrétaire Alfredo Mantovano a confirmé que les règles de distance minimale existantes, introduites par les autorités régionales, resteront en vigueur. Le gouvernement a maintenu sa position selon laquelle les restrictions empêchant les établissements de jeu de fonctionner près des écoles et d’autres lieux sensibles doivent rester inchangées. Le décret proposé visait à rassembler les réglementations régionales sous un ensemble commun de normes couvrant les exigences de distance, les heures d’ouverture, la certification des lieux et les règles de concession. Les administrations régionales ont opposé les changements qu’elles croyaient réduire leur autorité, continuant de traiter la réglementation des jeux d’argent comme une question étroitement liée à la santé publique. Ce désaccord reflète l’équilibre plus large du pouvoir entre le gouvernement national italien et ses administrations régionales. Les plans de licence font face à de nouveaux retards. Le manque d’accord crée également de nouveaux obstacles pour le programme de concessions prévu pour le commerce de détail. Les responsables avaient prévu que de nouveaux appels d’offres pour les boutiques de paris, les salles de machines à sous et les salles de bingo génèrent entre 1,8 et 2 milliards d’euros grâce à des paiements anticipés. Les tours de licence précédents avaient déjà rencontré des défis juridiques car les opérateurs peinaient à identifier des sites répondant aux exigences locales de distance. Le paquet de réformes plus large comprenait également des normes nationales couvrant les lieux sensibles, les heures d’ouverture, les registres des opérateurs, les règles de publicité et les exigences techniques pour les nouvelles machines de jeu. Les concessions actuelles resteront valables jusqu’au 31 décembre 2026. Les analystes du secteur estiment que les autorités pourraient prolonger ces licences d’un an ou deux supplémentaires. AGIC, dont les membres incluent Flutter Entertainment, Lottomatica, Entain, bet365 et Brightstar, a soutenu que les prolongations répétées sur près d’une décennie ont ralenti les investissements et retardé la modernisation du secteur. Les autorités répriment l’activité de paris illégaux. Les autorités italiennes ont récemment intensifié leur répression contre le jeu illégal en Sicile, fermant deux centres de collecte de paris sans licence lors d’inspections conjointes menées par l’Agenzia delle Dogane e dei Monopoli (ADM) et la Guardia di Finanza. L’opération a couvert 14 boutiques de paris et salles de jeux à travers la province d’Agrigente, entraînant des amendes administratives dépassant 20 000 euros. Les fonctionnaires ont également saisi du matériel de jeu après avoir découvert des terminaux non connectés au réseau national de jeux, tandis qu’un propriétaire d’entreprise a été renvoyé aux procureurs pour des opérations de paris illégales présumées. L’association professionnelle met en garde contre l’impasse réglementaire qui nuit au marché. L’immobilisme réglementaire de l’Italie a également attiré les critiques de l’EGP-FIPE, qui a déclaré au Comité des affaires constitutionnelles du Sénat que des années de prolongations de concessions et de règles régionales divergentes ont laissé les opérateurs licenciés incapables de planifier en toute confiance. L’association a soutenu que l’absence d’un cadre national unique affaiblit les protections des consommateurs et pourrait pousser plus de joueurs vers le jeu non réglementé. Elle a également remis en question l’efficacité des restrictions locales, y compris les règles de distance minimale et les heures d’ouverture limitées, affirmant qu’elles peuvent déplacer l’activité de jeu vers le marché en ligne ou illégal au lieu de réduire les dommages liés au jeu. Un autre point de vue suggère que la préservation des normes régionales est essentielle pour protéger les communautés locales des effets négatifs du jeu excessif. Certaines autorités locales estiment que les règles sévères sont nécessaires pour préserver la santé publique et la sécurité, soutenant que l’approche du gouvernement central pourrait conduire à une augmentation des problèmes de dépendance au jeu. Cette divergence de points de vue souligne la complexité de la réforme du secteur des jeux d’argent en Italie, où les intérêts nationaux et régionaux continuent de se heurter.