En octobre 2021, le marché des jeux d’argent en ligne aux Pays-Bas a été lancé grâce à la mise en application de la loi sur les jeux à distance (KOA) six mois auparavant. Cette législation a permis au régulateur du pays d’approuver les entreprises pour proposer des services de jeux et de paris à distance aux joueurs néerlandais. Avant l’adoption de la KOA, les Néerlandais jouaient déjà en ligne, mais sur des plateformes répertoriées sur des sites comme Casino-Groups, régulées dans des lieux tels que Anjouan, Curaçao ou Malte. Le régulateur national, KSA – Kansspelautoriteit, infligeait des amendes à certains de ces opérateurs étrangers qui ciblaient les consommateurs néerlandais.
Désormais, au dernier trimestre de 2026, les premières licences de casino en ligne et de paris approuvées aux Pays-Bas sont sur le point d’expirer. Depuis leur approbation, la KSA a adopté divers nouveaux critères de licence. Les opérateurs désireux de rester légaux doivent s’engager à respecter ces critères lors de leur procédure de renouvellement. Bien sûr, les entités commerciales non licenciées souhaitant obtenir l’approbation pour fonctionner sur ce marché doivent faire de même. Parmi les nouvelles conditions exigées par la KSA figurent une séparation plus stricte des fonds, des frais accrus, et une taxe opérateur sur le produit brut des jeux (GGR) plus élevée de 37,8%. Ces règles et d’autres ont suscité des inquiétudes quant à la capacité des opérateurs à respecter ces normes, ce qui pourrait entraîner une utilisation accrue des sites étrangers, en raison d’une diminution du nombre d’opérateurs nationaux à partir de 2026.
Le plan de sortie requis et l’analyse des risques
En septembre 2025, la KSA a annoncé que tous les opérateurs souhaitant renouveler leur licence doivent soumettre un document détaillant comment ils quitteront le marché néerlandais à l’expiration de leur licence. Cette exigence, devenue obligatoire à partir du 1er janvier 2026, vise à s’assurer que les opérateurs se préparent bien à quitter le paysage. La KSA exige également que les opérateurs l’informent en temps utile de tout changement important qu’ils envisagent d’apporter à leurs politiques internes. De plus, ils doivent fournir une analyse des risques, un document qui évalue comment un opérateur préviendra, détectera et atténuera les dangers du blanchiment d’argent. Ces étapes permettent d’identifier les risques liés aux clients, aux produits, et aux canaux de distribution, avec des vérifications de diligence raisonnable planifiées pour les clients.
Nouvelles mesures de protection des joueurs
Ces dernières années, le jeu problématique a attiré plus d’attention que jamais aux Pays-Bas, notamment en raison de l’ouverture du marché en ligne. Une étude du Centre de recherche scientifique et de données de 2024 révèle que 10 % des adultes néerlandais parient désormais en ligne. Parmi eux, 70 % ont commencé après octobre 2021. La recherche a aussi indiqué que 11 % des joueurs à distance présentent des signes de risque élevé selon l’indice PGSI – Problem Gambling Severity Index, un indicateur utilisé pour évaluer les comportements de jeu addictif dans le monde entier. La KSA comprend que l’accès croissant aux jeux a engendré davantage de joueurs problématiques. C’est pourquoi ce régulateur a choisi de renforcer son cadre en matière de jeu responsable, proposant une structure révisée qui oblige les opérateurs à adopter une approche proactive pour repérer les joueurs à risque en utilisant des algorithmes avancés basés sur des indicateurs de comportement. L’accent est particulièrement mis sur la tranche d’âge des dix-huit à vingt-quatre ans, et les entreprises de jeux doivent contacter les joueurs et imposer des interventions si nécessaire. Cela s’ajoute à l’accès à des outils tels que des limites de temps de session, de dépôt et de perte.
En 2023, les Pays-Bas ont commencé à restreindre la publicité pour les jeux d’argent qualifiée de non ciblée, c’est-à-dire les annonces qui attirent tous les groupes démographiques, y compris les jeunes adultes. Depuis, les opérateurs sont tenus de mener des campagnes visant uniquement les joueurs de vingt-quatre ans ou plus. De plus, elles ne peuvent inclure de modèles de rôle tels que des athlètes célèbres ou des acteurs, ni comporter d’affirmations trompeuses ou confuses. Les opérateurs doivent suivre ces règles s’ils souhaitent obtenir ou renouveler leur licence.
Séparation des fonds et augmentation des taxes
Comme l’exigent d’autres juridictions, le marché néerlandais demande désormais aux opérateurs de garder leurs fonds opérationnels dans des comptes bancaires distincts de ceux qui détiennent les fonds des joueurs. Cela vise à protéger les utilisateurs en cas de faillite subite de l’opérateur. Pour garantir la conformité, les opérateurs doivent fournir des documents prouvant leur respect de cette règle. Concernant la hausse de la taxe mentionnée, elle est passée initialement à 34,2 % du GGR d’un opérateur, de 30,5 %, début 2025. Puis, le 1er janvier 2026, le gouvernement néerlandais l’a portée à 37,8 %, ajoutant une taxe supplémentaire sur les jeux de 1,95%, portant la taxe globale sur le GGR à près de 40%. Ces augmentations devraient générer, selon les évaluations des experts, 200 millions d’euros supplémentaires par an en taxes pour les opérateurs. La KSA a également introduit un droit de licence plus élevé, désormais de 61 300 €, contre 48 000 € auparavant, justifiant cela par la nécessité de couvrir l’augmentation des coûts de personnel.
Certains acteurs de l’industrie craignent que ces nouvelles réglementations ne réduisent le nombre d’opérateurs nationaux, poussant davantage de joueurs vers des plateformes étrangères. Cependant, d’autres estiment que ces mesures sont cruciales pour protéger les joueurs et garantir un marché juste et transparent. « Il est important de trouver un équilibre », pensent-ils, « entre régulation stricte et compétitivité du marché ».
Bertrand Robert est un rédacteur expérimenté dans le domaine des jeux d’argent en ligne et des casinos en lignes.